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Big pharma : les labos tout puissants

Publié le : 10 avril 2022Par

De plus en plus riche et puissante, l’industrie pharmaceutique peut désormais décider à elle seule des politiques de santé des gouvernements. Big pharma désigne les principales entreprises du secteur du médicament : Johnson & Johnson, Roche, Pfizer, Novartis, Sanofi, Merck… Leur priorité est devenue la rentabilité et l’enrichissement des actionnaires passe désormais avant la santé de la population. Cette logique de profit serait-elle en train de remettre en question le système de santé public ? De plus en plus, les scandales liés à certains médicaments et la corruption apparaissent au grand jour et entraînent une méfiance grandissante chez la population.

Le scandale de la Dépakine entraînant des malformations

Les laboratoires sont régulièrement accusés de cacher aux autorités de santé une partie des résultats de leurs essais cliniques. Ainsi, arrivent sur le marché des médicaments pouvant entraîner de graves effets secondaires. C’est le cas de la Dépakine, un médicament contre l’épilepsie produit par Sanofi, qui entraîne des malformations et des retards de développement sur le fœtus lorsque qu’il est pris pendant la grossesse. Dans un rapport du laboratoire rendu public, on apprend que Sanofi connaissait ces effets secondaires depuis les années 1970. Pourtant, à aucun moment le laboratoire ne l’a mentionné aux autorités de santé responsables de sa mise sur le marché et encore moins sur la notice d’utilisation. Près de 50 ans après cette mise sur le marché, les notices sont enfin modifiées pour contre-indiquer la prise de ce médicament pendant la grossesse. Mais ce n’est pas tout, il a fallu attendre deux ans de bataille juridique de la part des familles des victimes pour imposer un pictogramme « interdit aux femmes enceintes » sur les boîtes. C’est pourtant le rôle des autorités de santé d’imposer ce genre d’affichage. Le laboratoire ne s’estimant pas responsable refuse toujours d’alimenter le fond d’indemnisation des familles des victimes de ce médicament.

Le scandale des antidouleurs qui créent une forte addiction

Plusieurs laboratoires sont accusés d’avoir délibérément caché l’effet addictif et potentiellement mortel de certains médicaments antidouleurs contenant des opioïdes. Il s’agit de l’un des pires scandales sanitaires de l’histoire des États-Unis. Ces produits de synthèse, cent fois plus puissants que la morphine, ont été prescrits de façon massive pendant de nombreuses années par les médecins, encouragés par les laboratoires. Ces derniers ont utilisé des pratiques marketing abusives pour convaincre les médecins de surprescrire ces analgésiques hautement addictifs et potentiellement mortels.
Les statistiques montrent qu’aux États-Unis, plus de 100 personnes meurent chaque jour des effets des médicaments dérivés d’opioïdes. Dans certains États, les accidents en lien avec la prise de ces médicaments font plus de morts que les accidents de la route et les homicides réunis ! Plus de 2000 procédures judiciaires contre trois laboratoires dont Johnson & Johnson sont en cours sur tout le territoire.

Des prix irréels pour un médicament contre l’hépatite C

Le Sovaldi est le premier médicament qui permet de guérir de l’hépatite C. Il est commercialisé par le laboratoire Gilead (10e laboratoire mondial). Ce médicament coûte 84 000 $ pour trois mois de traitement (1 000 $ le comprimé). Gilead n’a pas participé aux recherches sur le Sovaldi, mais a acheté un autre laboratoire, Pharmasset (détenteur du brevet), dans le but d’acquérir le Sovaldi. Lorsque que le médicament arrive sur le marché européen, il est vendu à moitié prix, mais reste encore à 42 000 €. Sous la pression des autorités françaises, le laboratoire américain baisse finalement le prix de moitié (24 000 €). Puis, l’OMS négocie avec les laboratoires la baisse des prix pour les pays les plus pauvres. Ainsi, le même traitement fabriqué par un laboratoire de génériques est alors passé de 84 000 € à… 80 € !
Cette affaire n’est pas un cas isolé, les laboratoires s’intéressent en priorité aux maladies qui n’affectent que peu de gens, mais où il est question de vie ou de mort. Cela leur permet ainsi de facturer le traitement de manière disproportionnée. Le prix des médicaments ne reflète donc plus le coût de recherche et de commercialisation, mais le profit et la rentabilité des laboratoires.

La nouvelle poule aux œufs d’or de Big pharma : la thérapie génique

Les laboratoires sont désormais dans la course au développement des traitements basés sur la thérapie génique contre certains cancers, qui se vendront à plusieurs centaines de milliers d’euros. Ces traitements ont été découverts avec des fonds publics par une université américaine. Le laboratoire Novartis a ensuite racheté une partie du brevet. Selon Jean-Paul Vernant, spécialiste réputé des cancers du sang, « si ces médicaments étaient produits par un organisme public, ils coûteraient non pas 300 000 euros, mais plutôt 30 000 euros, soit dix fois moins cher, sachant en plus que l’essentiel du travail de recherche a déjà été effectué par la recherche publique. »

Les facultés de médecine et les médecins sous l’influence des laboratoires

Les laboratoires pharmaceutiques tentent d’influencer les médecins à différents niveaux. Cela commence dès leur formation, où ils sont largement présents à l’intérieur des facultés de médecines et participent aussi bien financièrement que dans le contenu de l’enseignement. Puis, cela se poursuit après leur formation avec différents types de cadeaux : voyages, dîners, frais pour participer à des congrès, dons pour des recherches ou simplement le versement de sommes d’argent. Selon Pierre Frouard, médecin généraliste : « Sur 41 000 médecins généralistes étudiés, 90 % ont reçu au moins un cadeau des firmes pharmaceutiques entre 2013 et 2016. » D’après une étude de 2019, les médecins recevant des cadeaux des laboratoires pharmaceutiques font des « prescriptions plus chères et de moindre qualité ». Par ailleurs, lors d’un congrès payé en grande partie par un laboratoire qui vient présenter un nouveau traitement, ce dernier insiste généralement beaucoup plus sur les effets positifs d’un traitement que sur les effets secondaires négatifs. Dans ce contexte, comment être véritablement indépendant, critique et libre de tout conflit d’intérêt ?

Un grand changement est nécessaire

Comment laisser à des entreprises privées l’entière responsabilité de produire et de vendre des substances censées nous soigner ? Doit-on accepter cette logique de rentabilité dans un domaine qui touche à la santé de la population ? Les laboratoires doivent retrouver leur place de simples producteurs de médicaments au service de la santé. Il est temps que les États se réapproprient la santé publique en dehors de toute influence économique et de toute logique de rentabilité.

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À propos de l’auteur

Naturopathe-hygiéniste et iridologue, Ben est spécialisé en détoxification et en alimentation vivante. Il partage son expérience des pratiques naturelles de santé à travers des consultations, mais aussi des conférences, stages et ateliers. Installé au Pays basque dans un écolieu, il est passionné de permaculture et propose des formations personnalisées pour redonner vie à la terre et créer des forêts fruitières.

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